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Culture

À qui profitent les droits TV ?

1,153 milliard d’euros, c’est le montant record auquel se sont monnayés l’attribution des droits audiovisuels de la Ligue 1 pour la période 2020-2024. Le groupe espagnol MediaPro et beIN Sports ont raflé la mise. Pourquoi une telle somme ? Que se cache-t-il derrière ce chiffre record ? Explications.

Sur la période 2016-2020, les droits TV du championnat de France de Ligue 1 s’élevaient à 726,5 millions d’euros. Entre 2020 et 2024, ce montant subira une inflation de plus de 50%, soit presque autant qu’entre 2001 et 2016. Et la Ligue 2 n’est pas en reste avec un montant record de 64 millions par saison à venir, plus du triple qu’actuellement (22). Jusqu’à présent, c’est Canal+ et beIN Sports qui détenaient ces droits mais la future chaîne du groupe espagnol MediaPro a acquis la diffusion de 8 matchs de Ligue 1 par journée dont le Multiplex du dimanche (780M) et beIN les 2 autres matchs (373M).

C’est la Ligue professionnelle de football (LFP) qui négocie ces droits TV, dans l’intérêt des clubs surtout. Et de leurs côtés, les chaînes de télévision se livrent une lutte sans merci dans la course aux abonnés. La renommée d’une chaîne et son audience se font sur la retransmission ou non des grands événements liés au football. L’acquisition des droits des compétitions permet aussi de fixer un prix d’abonnement à ces chaînes payantes (environ 25€ pour la future chaîne MediaPro).

Mais la fragmentation de l’offre sportive risque d’engendrer une concurrence accrue et le consommateur pourra s’y perdre, sans un budget illimité. Le succès d’une nouvelle chaîne est donc soumis à réserve, les autres canaux disposant déjà d’une offre alléchante (coupes d’Europe sur RMC Sport, championnats étrangers sur beIN, Premier League sur Canal+ …).

50% des revenus des clubs de Ligue 1

Quant aux clubs eux-mêmes, une partie de l’argent obtenu leur est redistribuée à chaque fin de saison selon une répartition particulière, répondant à divers critères (part fixe, classement présent et passé, renommée etc.). C’est donc sans surprise que le Paris Saint-Germain est le plus gros bénéficiaire de ces droits, devant des clubs comme Marseille, Lyon ou Saint-Etienne. Selon la LFP, les revenus issus des droits TV représentent environ la moitié des recettes des clubs de L1. Une proportion qui va donc augmenter avec l’explosion des droits TV pour la prochaine période.

Mais cette proportion est aussi très variable selon les revenus déjà engendrés par les clubs, le PSG par exemple croulant sous les contrats de sponsoring les plus mirobolants les uns que les autres. Alors que pour les clubs plus modestes ou mal classés, la dépendance à ce revenu des droits TV est bien plus forte. Néanmoins, l’écart entre les « gros » et les « petits » clubs tend à se réduire considérablement. C’est d’ailleurs pour cette raison que les clubs de Premier League, même de deuxième partie du tableau, peuvent se permettre de dépenser de grosses sommes lors du mercato. Encore une année de patience et le jackpot attend tous les pensionnaires de Ligue 1.

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